Wikio

Google Bigbrother ?

Un billet d’humeur: je trouve que le débat national qui se prépare sur la gratuité, et la « mouton-noirisation » de Google, particulièrement odieux. La France, qui s’est bâtie sur les droits de l’homme, prouve qu’elle devient le pays des hommes de droits.  C’est surtout une manière de cacher la poussière sous le tapis.

Emmanuelle Anzion (Télérama 3129 du 30 12 2009) dans un article intitulé “Google, l’étrangleur étranglé” termine son propos par la phrase suivante : « Elles montrent en tous cas que le monde des médias et de la culture, assassinés par la culture de la gratuité (incarnée par Google), s’organise enfin pour sortir du stade précomateux ». Ce type d’articles et de visions fleurissent depuis quelques jours et font écho au rapport de la commission Zelnik.

Google, en à peine dix ans d’existence, est un modèle de la diffusion de la culture anglo saxonne.  Elle est le symbole du rayonnement de la culture américaine: non seulement elle est un formidable générateur d’innovations, mais en plus elle a compris qu’une politique éthique servirait son modèle économique (Dashboard, Data Liberation Front, Google Books, etc…). Et nous, que faisons nous pour préserver notre culture ? La commission Zelnik propose une sorte de taxe Tobin sur les échanges culturels. C’est ubuesque: ce que nous ne sommes pas capable de mettre en place pour prévenir les futures crises économiques, nous proposons de l’établir  pour la culture. C’est ridicule et aberrant: nous sommes en train de  favoriser la récession culturelle de la France ! Les Lemmings existent !

Je ne peux que conseiller la lecture du livre d’Emmanuel Hoog, “Mémoire année zéro“, qui rappelle justement que les replis identitaires ont toujours été des impasses historiques dans un pays qui s’est bâti sur des valeurs universelles comme la France. Et d’y ajouter cet excellent article sur le point de vue des petits cons, publié également dans le Monde.

Cette chasse aux sorcières occulte très bien les deux problèmes  sous-jacents, qui sont celui des droits numériques à l’heure d’Internet, et la valorisation ainsi que la promotion de l’innovation en France.

Mais pourquoi n’existe t’il pas un Google en France ? C’est peut être douloureux à entendre pour nos gouvernements, mais force est de constater que la promotion et la valorisation de l’innovation est un échec.  Pourtant, tout est extrêmement bien organisé et hiérarchisé. Nous avons des pôles de compétitivité qui sont incontournables pour les différents appels à projet publics, proposés par les ministères et secrétariats d’état, les régions, les villes comme Paris, ou les acteurs de l’innovation comme INNOV-IT. Le financement de l’innovation se fait par d’innombrables mesures, comme le crédit d’impôt recherche, ou le statut de Jeune Entreprise innovante. Plus directement, les acteurs publics ou semi publics comme l’OSEO, l’ANR, la DRIRE, la CDC peuvent soutenir l’innovation. Côté privé, les business angels et fonds d’investissement sont là. Nous disposons d’excellents laboratoires de recherche, et des structures d’incubation innombrables.

A tel point qu’on finit par se demander s’il n’y a pas plus d’acteurs régulant et détectant l’innovation que d’hommes capables de proposer des projet pertinents. Cette situation est digne d’ “en attendant Godot“: cette structure gigantesque n’arrive juste pas à détecter l’innovation, et nous assistons encore une fois à une fuite des cerveaux.

La France est préoccupée par le respect des droits d’auteur et la valorisation de sa culture ? C’est tout à fait compréhensible, ces valeurs sont inscrites dans les droits de l’homme. Et bien, rien ne nous empêche de concurrencer Google en créant un géant de l’informatique incluant ces valeurs.

N’  hadopisons plus nos esprits, arrêtons de Zelniker notre culture. Plutôt que de chercher à réguler Internet, retroussons nous les manches et créons un espace de droits numériques à l’intérieur de ce dernier. Si les droits de l’homme sont des valeurs aussi saines que nous le prétendons, elles doivent pouvoir se traduire en terme de modèle économique. Si nous avons raison, ce modèle écrasera Google, justement parce qu’il repose sur des valeurs éthiques, saines et solides. Je veux sauvegarder ma culture et mon patrimoine efficacement. Venez m’aider à créer le prochain Google “à la Française”, une proposition pour son modèle économique se trouve ici.